2017

Aimez-moi en secret

d'après « Cocteau l'Egyptien » de Ahmed Youssef

Adaptation et mise en scène
Hazem El Awadly

Scénographie
Jean-Marie Eichert

Costumes
Hazem El Awadly

Photographie Affiche
Charlotte Schousboe

Conception Affiche
Kévin Commaille

Modèle Affiche
Clément Daubert

Régie vidéos, sons et lumières
Hazem El Awadly

Avec
La troupe du Théâtre Nout


Création 2015
Durée : 1h10

Lorsqu’il se rend en Égypte, d’abord en 1936, puis en 1949, Jean Cocteau n’a qu’un but : traverser le miroir de l’Orient et les siècles à la recherche de Schéhérazade, le mythique personnage littéraire des contes des Mille et une nuits.

Déjà, l’Orient avait allumé le génie du poète de mille feux. La mythologie de Cocteau se nourrit abondamment de la légende du Sphinx et du culte de la mort.

Cependant la culture Orientale pousse également l’auteur du Livre Blanc à s’interroger sur sa sexualité, jusqu’alors malmenée par la Femme…

Ayant franchi la Méditerranée, le créateur de La Belle et la Bête va alors nouer de troublantes amitiés avec un ténor algérois, un éphèbe kabyle et un prince égyptien.

« Une volonté de Cocteau de sublimer son arabe bien-aimé. »

« Une volonté de Cocteau de sublimer son arabe bien-aimé. »

 

Ma rencontre avec l’auteur de Cocteau l’Égyptien m’a permis de mettre la lumière sur quelques instants oubliés de la vie de Jean Cocteau. L’Égypte, l’amour, l’homosexualité… Un parcours qui offre une gerbe de signes troublants.

Hazem El Awadly

« Blida, la paradisiaque, comme il aimait dire. »

« Blida, la paradisiaque, comme il aimait dire. »

Mot de l’auteur

Étonnante adaptation de mon ouvrage : « Cocteau l’Égyptien » pour une pièce de théâtre qui porte le nom, combien mystérieux, de « Aimez-moi en secret » par le plus alexandrin des metteurs en scène français : Hazem El-Awadly.

Si j’avais traité dans mon « Cocteau l’Égyptien » l’enchevêtrement des démons homosexuels de l’auteur des « Enfants Terribles » à travers ses multiples miroirs orientaux, la mise en scène de Hazem El-Awadly, elle, fait de tant de miroirs, une navette spatiale dans laquelle les spectateurs se trouvent en voyage haut en couleurs dans le monde oriental de Jean Cocteau.

Ainsi, on débarque au Caire après deux escales à Alger et à Alexandrie, pour nous trouver face aux amours masculines de Cocteau mais aussi en présence de la poésie, de la musique, notamment des chants d’Om Kalsoum et des extraits cinématographiques des films égyptiens de l’Age d’Or des années quarante et cinquante.

On ne peut que rendre hommage au metteur en scène et aux acteurs du Théâtre Nout dont les décors féériques constituent une porte royale nécessaire avant d’accéder aux secrets de la tentation orientale de Jean Cocteau.

Ahmed Youssef

« Mais ce qu’on fait dans la vie, même l’amour, on le fait dans le train express qui roule vers la mort »

« Mais ce qu’on fait dans la vie, même l’amour, on le fait dans le train express qui roule vers la mort »

Note d’intention

Ce spectacle part d’un manque à combler dans mon travail avec Cocteau. Tout mon travail sur Le Livre Blanc me pousse en effet à aller dans cette route vers l’homosexualité, la liberté de l’homme, la liberté d’expression, le droit de vivre sans tabou. Ce texte me revenait régulièrement à l’esprit depuis que je l’ai découvert il y a dix ans. Après plusieurs tentatives de le sortir qui se sont révélées infructueuses, les comédiens présents aujourd’hui et leurs facultés m’ont finalement permis de le monter. Je peux dire avec certitude que ce spectacle vient du cœur et que c’est un cri qui ne demandait qu’à sortir.

Mes racines égyptiennes jouent évidemment un grand rôle dans le choix de cette œuvre et sa mise en scène. On les retrouve dans le travail fait sur le cinéma égyptien, un des cinémas les plus anciens du monde. C’est un trait d’union que j’essaye de faire entre la culture française et ma culture égyptienne.

L’intégration de la vidéo dans le théâtre est une envie de longue date. J’avais déjà effectué une première approche de cette recherche dans Le Fantôme de Marseille, autre pièce de Cocteau, bien que la vidéo n’y serve que de décor. Je souhaitais vraiment intégrer la vidéo au spectacle, que les acteurs puissent s’en servir et la servir. Je ne sais pas si on peut appeler cela un spectacle théâtral, un reportage ou une expérience cinématographique.

Le spectateur doit avoir l’impression de voir un film complet avec un générique au début et à la fin. Le noir et blanc des vidéos a été transporté dans la scénographie et les costumes. Le noir et blanc est souligné par des points rouges qui apparaissent par instants. Ces idées sont apparentes également dans l’affiche qui est aussi basée sur le secret, le non-dit. La photographe Charlotte Schousboe a d’ailleurs été d’une très grande aide à ce sujet.

Je n’ai bien évidemment pas pu mettre en scène tout le livre. Pas par manque d’intérêt mais par choix pour conserver ma ligne directrice et contribuer à la force de la pièce. Ça permet également d’en faire un spectacle facile, léger, dans un format court, que j’aimerais voir voyager dans beaucoup de lieux différents.

Je ne peux bien sûr pas oublier le soutien de l’auteur, Ahmed Youssef, qui m’a lui-même fortement encouragé à le mettre en scène.

Hazem El Awadly

« Mon camarade Mahieddine connaît les recoins d'Alger... »

« Mon camarade Mahieddine connaît les recoins d’Alger… »

« Première maîtresse. Amour volcanique. »

« Première maîtresse. Amour volcanique. »

« Si Cocteau, véritable usine à inventer, est l'un des hommes les plus célèbres de son temps, il en est également le moins connu. »

« Si Cocteau, véritable usine à inventer, est l’un des hommes les plus célèbres de son temps, il en est également le moins connu. »

« Un beau jour, sans prévenir, elle disparut. Cocteau est venu la remplacer... »

« Un beau jour, sans prévenir, elle disparut. Cocteau est venu la remplacer… »