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Nathan le Sage Adaptation et mise en scène Hazem El Awadly Pièce de théâtre écrite en 1779 par Gotthold Ephraïm LESSING. En création 2006/2007 |
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PROJET ARTISTIQUE Il est souhaitable d’adapter ce texte qui possède une telle puissance et un message si fondamental afin de donner à voir et écouter cette confrontation, ce fanatisme que peuvent entraîner les religions tant à l’époque de Lessing qu’à la notre. Dans cette adaptation, la parole sera distribuée différemment entre les personnages afin qu’il fasse écho et qu’elle ait une véritable impact, car je ne souhaite pas faire du « Théâtre Musée », les Grands Dramaturges questionnaient, critiquaient leur temps, leurs pièces étaient des miroirs de leurs sociétés et je pense qu’il est nécessaire de continuer à s’engager. Cette adaptation ne donnera pas à entendre cette fin heureuse par laquelle Lessing conclut sa pièce car les actualités nous montrent tous les jours les difficultés à vivre -même seulement à cohabiter- des trois religions monothéistes, ne serait-ce qu’en Israël et en Palestine. Cet espoir fortement ancré mais toujours déçu et la douleur engendrée de voir la Tolérance s’éloigner. Le décor sera en bois, celui d’un intérieur/extérieur, modulable et épuré, ressemblant à des claustras afin de rappeler le Moyen Orient où se déroule l’action de « Nathan le Sage » sans pour autant être très précis dans le temps et l’espace afin de montrer que la réflexion de cette pièce dépasse les Croisades et les frontières de la ville de Jérusalem. Je souhaite retrouver les origines du Théâtre Persan lorsque le spectacle se déroulait sur des tapis qui marquaient l’aire de jeu. Les costumes descendront de cette esthétique élisabéthaine, du noir et du blanc, dentelles et perles avec une pointe d’orientalisme, qui sied bien au texte et à une esthétique que je développe depuis de nombreuses années car ma richesse vient de cette double culture franco-égyptienne. |
Mes comédiens doivent se plier à une certaine rigueur afin de pouvoir accepter de ne pas être qu’acteur mais aussi un membre de la troupe et ainsi servir totalement le spectacle en participant à la réalisation des costumes, de la scénographie et à la réécriture du texte. Servir le spectacle, c’est aussi accueillir notre public une heure avant le début de la représentation costumé et maquillé- afin que ce temps agisse comme un sas de préparation au spectacle, que celui devienne peu à peu familier, pour mieux accepter le spectacle et se qui y est donné à voir et à entendre. La musique joue toujours un rôle important dans mes créations. Elle se joue toujours en direct, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’espace de jeu. Elle accentue et souligne le texte et les émotions des comédiens. Les instruments que je souhaite donner à entendre sont le luth, la cithare et le kanoune, qui sont des instruments traditionnels permettant au public de se laisser pénétrer par le spectacle. Monter « Nathan le Sage » est une suite logique dans mon travail. Après « L’Histoire du Muezzin qui n’avait pas annoncé l’aube » de Taficq El Alakim qui critique les dérives du pouvoir et les pressions et persécutions qu’elles entraînent, « Le Livre Blanc » de Jean Cocteau où est dénoncé l’intolérance de l’Autre à cause de sa sexualité, « Nathan le Sage » est un nouvel appel à la tolérance de la différence, de la religion et des croyances. |